dimanche 2 mars 2008

Go west !

Après 2007, la pitoyable campagne présidentielle française qui a vu s'affronter deux candidats néo-pétainistes hystériques et, ces derniers mois, la grotesque campagne présidentielle russe qui a consacré l'emprise de l'ex-KGB sur l'appareil d'état, 2008 pourrait faire souffler sur le monde un vent nouveau. Il se pourrait en effet qu'à compter de 2009, s'ouvre une "fenêtre" de quatre années, durant lesquelles vont se côtoyer à Washington, un authentique démocrate américain à la Maison Blanche et un authentique social-démocrate européen au siège du FMI.
Le "ticket OBAMA-DSK" a de quoi faire réfléchir tous ceux qui ne se résignent pas à ce que 70% de la population mondiale soient exclus des bénéfices de la croissance économique*. Une profonde réforme du FMI, donnant enfin aux pays émergeant la place qui leur revient de droit et une présidence américaine libérée des lobbies pétroliers et militaires ainsi que de l'idéologie ultra-libérale, sont en mesure de provoquer une redistribution des cartes géopolitiques planétaire.
A la veille de la décisive primaire démocrate du Texas, la publication de ce forum de discussion exprime la volonté de susciter un réveil de la conscience politique individuelle, hypnotisée par les délires mégalo-paranoïaques de ces fous qui nous gouvernent.

* Dans la dernière décennie de XX° siècle, le nombre réel des pauvres s'est accru de près de cent millions. Et cela dans une période où, globalement, le revenu mondial a aumenté en moyenne de 2,5 % par an. En 1990, le nombre de personnes vivant avec moins de 2 dollars par jour s'élevait à 2.718.000.000; on estime qu'en 1998, il s'élevait à 2.801.000.000 (Banque mondiale, "Global Economic Propects and the Developing Countries 2000". Cité par Joseph E. Stiglitz).

6 commentaires:

Marco a dit…

Salut, je te trouve bien optimiste sur un changement éventuel de nos dirigeants... Si une amélioration des comportements est sans doute à prévoir, j'émets de sérieux doutes quant à la libération des pressions exercées par les lobbies sur nos chers gouvernant de quelque bord qu'ils soient.

Guillaume Oliveau a dit…

L'idée est séduisante mais quel poids aurait DSK face à Obama? Et comment ce "ticket" pourrait s'articuler concrètement?

En tout état de cause, ça nous changerait du potentiel "ticket" Sarkozy-Berlusconi + Blair à l'UE.

Robert Noyal a dit…

Salut Marco,
merci d'avoir pris la peine d'écrire un commentaire. Vous n'êtes pas si nombreux.
Sur le fond : ton premier message me reprochait de ne pas être constructif. Et là, tu me juges trop optimiste. Singulier retour de balancier, isn't ?
Tu me concéderas qu'espérer que Obama et DSK soient moins pourris que Bush et Sarkozy est modérément optimiste. D'autre-part, le lobbying aux Etats-Unis est public. De sorte qu'on sait qui finance qui et à quelle hauteur. (Ce qui n'est pas le cas en France. Cf: l'affaire de l'UIMM)
Mais surtout, tu sous-estimes, comme beaucoup de français, la force de la constitution américaine qui est à la fois le ciment du peuple américain et le vecteur de son inconscient collectif. Or, la constitution américaine est singulièrement optimiste en ce qu'elle met au centre de ses motivations les droits et les devoirs du citoyen contre tous les lobbies et tous les pouvoirs. En fait, la constitution instaure les contre-pouvoirs nécessaires et légitimes. (cf: le mouvement des whistleblowers, sujet d'un prochain chautauqua). Quant à DSK, le seul camp auquel il soit lié est celui des socio-démocrates européens qui ont présenté et soutenu sa candidature.
On a les dirigeants qu'on mérite : je suis persuadé que les ingénieurs de Google sont beaucoup moins résignés que toi. Pour quoi, nous avons Sarkozy et pour quoi, ils auront Obama.
Quoi qu'il en soit, je t'encourage à poursuivre ce dialogue sur le blog avec tous ceux qui voudront bien s'y joindre.
Robert JR.

Robert Noyal a dit…

Salut Guillaume,
je constate avec joie que tu es revenu vivant de ta course de ski de fond en Suède. (C'est Annette qui doit être soulagée !).
Le poids de DSK, c'est tout simplement le poids du FMI. Les Etats-Unis sont eux aussi victimes des désordres financiers mondiaux (cf: crise des subprimes), en particulier les plus pauvres qui forment les gros bataillons de l'électorat d'Obama (cf: le soutien récent de deux syndicats ouvriers dans l'Ohio).
Obama a tout intérêt à ce qu'une réforme du FMI réussisse. Sans quoi, il ne pourra pas tenir ses promesses électorales. Et puis, comme tu le sais, entre hommes de bonne volonté, beaucoup de choses sont possibles. Et, au risque de paraître trop optimiste, je tiens ces deux-là pour des hommes de bonne volonté. Pour en savoir plus sur les liens entre la maison blanche, le FMI et la banque mondiale, je te recommande la lecture du livre de Stiglitz (prix Nobel d'économie).
A bientôt.
Robert JR.

Marco a dit…

Hi Bobby Jr,

attention, je ne suis pas résigné du tout ! Mais si je ne crois pas à la vision manichéenne appliquée à notre beau monde, je n'y crois pas non plus appliquée à nos chers dirigeants.
Je souhaite évidemment que ce dinosaure institutionnel qu'est le FMI puisse être réformé en ayant à l'esprit un développement durable. Le FMI a assez montré qu'il était capable d'écraser des nations en voulant les aider...
Quant à l'industrie de l'armement aux États-Unis, sa croissance a été telle et l'investissement qui continue à être fait en ce moment même (où même certains républicains commencent à râler !), qu'il va être extrêmement compliqué de proposer une décroissance. Les vrais faucons ont étendu une sorte de flaque de merde pour les suivant histoire de partir la tête haute.
Alors oui, c'est une évidence pour moi qu'il est bénéfique que les démocrates et socio-démocrates soient au pouvoir, mais je ne m'attends pas à un feu d'artifice.

Merci en tout cas pour ces billets.

Robert Noyal a dit…

Salut Marco,
une précision qui a son importance : le rôle du FMI, statutairement, consiste à réguler la finance mondiale afin d'obtenir la croissance et le plein emploi. Il n'appartient pas au FMI de régler les problèmes d'énergie ou de protection de l'environnement. Autrement dit, le FMI n'est pas un gouvernement mondial.
En revanche, le FMI peut parfaitement peser de tout son poids pour que, par exemple, les prolétaires chinois puissent créer des syndicats libres et indépendants (Solidarnosc, au début, était juste le premier syndicat libre polonais de l'après-guerre et qui plus est, limité aux chantiers navals de la Baltique. Tu connais la suite).
Appelle-moi Bob.